Canal lombaire rétréci

Introduction

La colonne vertébrale est formée par l’ensemble des vertèbres au sein desquelles chemine le canal rachidien. Quand il est étroit, on parle de sténose du canal lombaire ou de canal lombaire rétréci.
Le rétrécissement du canal lombaire peut être dû à plusieurs facteurs :

L’évolution est souvent longue parfois plusieurs années avant de voir apparaitre les premiers symptômes, mais il arrive qu’elle soit rapide.

Les symptômes

Les signes de compression des nerfs dans le canal rachidiens sont nombreux et variés :

Vous êtes souvent obligés de vous arrêter en attendant que les symptômes disparaissent. Ces signes s’aggravent progressivement et apparaissent pour des distances de marche de plus en plus courtes : on appelle cela la claudication neurogène à ne pas confondre avec la claudication vasculaire liée à des sténoses artérielles.
Si les racines nerveuses sont comprimées, la souffrance se traduit souvent par des radiculalgies (Ex: sciatique, cruralgie).
Les muscles peuvent s’affaiblir entrainant une fonte musculaire : l’amyotrophie.
Si les racines terminales (la queue de cheval) sont comprimées, cela peut provoquer des troubles urinaires, une impuissance et des troubles du sphincter anal. On appelle cette atteinte le syndrome de la queue de cheval.

Le bilan à faire

Tous ces examens ne sont pas pratiqués systématiquement.

La chirurgie est envisagée uniquement en cas d’échec des traitements médicaux et de troubles neurologiques significatifs.

Le principe du traitement chirurgical :
Selon le rétrécissement de votre canal lombaire, le chirurgien propose la technique chirurgicale la mieux adaptée pour libérer la compression de vos nerfs.
Si les vertèbres sont déplacées (spondylolisthésis) ou instable, la libération peut être complété par une arthrodèse et/ou une ostéosynthèse.

Les risques d’échec de la chirurgie :
Si les nerfs ou la queue de cheval sont comprimés depuis trop longtemps, ils peuvent rester définitivement abîmés malgré l’opération.
La chirurgie n’est jamais inutile car elle empêche que la situation s’aggrave en général.

Les risques sans traitement chirurgical en cas de nécessité:
Les douleurs et la fatigue que vous ressentez à la marche peuvent persister et s’aggraver conduisant à des troubles sensitifs et moteurs. Dans les formes sévères, on risque d’aboutir à une paralysie.

Le traitement chirurgical

L’intervention se pratique dans un bloc opératoire dédié à l’orthopédie conforme à des normes strictes (accréditation V1 et V2)

Anesthésie :

vous dormez complètement sous anesthésie générale. Une sonde urinaire est généralement mise en place en fonction de l’importance de la libération. Vous êtes allongé sur le ventre protégé par des appuis spécifiques pour les points d’appui.

La cicatrice :

La taille dépend du nombre d’étages à libérer pour traiter le canal lombaire rétréci.

Le geste principal :

Les gestes associés :

Durée de l’intervention :

La durée de l’opération varie beaucoup sans que son déroulement pose un problème particulier, car elle dépend de nombreux facteurs (la méthode utilisée, le nombre de gestes associés, des adhérences …)

Faut-il une transfusion ?

Les suites opératoires durant l’hospitalisation

Douleur :
Habituellement, elle est assez importante au niveau lombaire mais des traitements antalgiques adaptés permettent de la contrôler. Les douleurs diminuent au bout de 2 à 3 jours en général.
Si malgré tout vous souffrez, parlez-en aux infirmières, à l’anesthésiste ou au chirurgien qui s’occupe de vous, il existe toujours une solution thérapeutique.

Les autres soins :
Pour limiter le risque de phlébite dans vos veines, vous bénéficiez un traitement anticoagulant qui rend le sang plus fluide.
Le redon draine les liquides hors de la zone opérée, il est retiré au bout de quelques jours.
On peut utiliser une ceinture lombaire ou un corset semi-rigide pour le levé afin de renforcer la colonne vertébrale en fonction de l’intervention et de l’âge du patient.

Autonomie :
Habituellement, on autorise le lever du patient au 1er ou 2ième jour après l’opération sous le contrôle d’un kinésithérapeute.

Retour à domicile :
En général, vous rentrez chez vous 4 à 7 jours après l’intervention.
Les personnes vivant seules peuvent aller dans un centre de convalescence pendant 2 à 3 semaines avant de rentrer chez elles.

Les résultats :

Votre médecin vous propose de passer un contrôle 1 à 2 mois après l’opération.

Douleur :
Les douleurs dans les jambes et le dos disparaissent en général.
Il arrive que les nerfs soient encore douloureux malgré la libération. S’ils ont souffert trop longtemps, ils gardent des séquelles à type de radiculite.
On ne peut apprécier les résultats de l’opération qu’au bout de 4 à 6 mois ou plus.

Fonction neurologique :
Chez les patients avec des paralysies importantes, l’opération n’est pas toujours efficace, même si elle est réalisée rapidement. En cas de syndrome de la queue de cheval, l’intervention chirurgicale même d’urgence n’apporte pas toujours l’amélioration souhaitée.

Autonomie :
Vous pouvez marcher chez vous mais il faut vous reposer et ne pas faire d’efforts. Eviter de faire vos courses. On conseille généralement de mener une vie calme pendant 3 mois.
La durée de l’arrêt de travail dépend de votre métier. Il dure habituellement au moins 2 mois voire beaucoup plus si votre profession demande beaucoup d’efforts physiques. La conduite est autorisée sur de courtes distances 1 à 2 mois après l’intervention.
N’hésitez pas à interroger votre médecin si vous avez un doute sur les risques liés à l’une ou l’autre de vos activités (en cas de doute s’abstenir)

Les risques :

Toute l’équipe médicale et paramédicale s’occupe de vous pour limiter les risques mais des complications peuvent toujours arriver.
Nous ne listons ici que les plus fréquents ou les plus graves parmi ceux qui sont spécifiques de cette intervention.
Certaines de ces complications peuvent nécessiter des gestes complémentaires ou une nouvelle opération. Rassurez-vous, votre chirurgien les connaît bien et met tout en œuvre pour les éviter.
En fonction de votre état de santé, vous êtes plus ou moins exposé à ces risques.

Pendant l’intervention :
Dans la libération du canal rachidien, il existe un faible risque de couper accidentellement la poche remplie de liquide céphalorachidien (la dure-mère) et de provoquer une fuite. Il faut alors recoudre la brèche et la coller avec de la colle biologique.
Il est exceptionnel que des nerfs ou la queue de cheval soient endommagés pendant l’opération. Les conséquences varient selon les nerfs concernés et le degré auquel ils sont atteints. Le risque est un peu plus important si on doit stabiliser des vertèbres à l’aide de vis.
Un ou des vaisseaux sanguins peuvent être lésés accidentellement. Il faut alors réaliser un geste chirurgical non prévu, ou redonner du sang (transfusion sanguine).

En cas de problèmes :
Si vous constatez quelque chose d’anormal après l’opération, n’hésitez pas à en parler à votre chirurgien.

Après l’intervention :
Il est possible que la zone opérée saigne et qu’il se forme une poche de sang (hématome). Il existe alors un faible risque de paralysie des membres inférieurs par une compression : une intervention d’urgence est alors nécessaire pour évacuer l’hématome.
Il est rare que la zone opérée soit envahie par des microbes (infection). Des médicaments (antibiotiques) suffisent généralement à les éliminer.
En cas de rétention d’urine par un globe, une sonde urinaire peut être posée.
On peut vous proposer de porter un corset semi-rigide pour maintenir le dos pendant quelques semaines.
Des caillots peuvent se former et se coincer dans les veines des jambes (phlébites). Si ces caillots partent dans la circulation sanguine, ils peuvent boucher des vaisseaux des poumons (embolie pulmonaire).
Le matériel d’ostéosynthèse fixé entre les vertèbres (cages intersomatiques) ou dans les vertèbres (vis pédiculaires) peut se souder dans une mauvaise position. Les tiges métalliques ou les vis pédiculaires utilisées pour fixer l’arthrodèse peuvent se casser après quelques mois si l’arthrodèse (greffe) ne fusionne pas.

L’objectif de ce texte est de vous donner les réponses aux questions que vous vous posez. Il ne représente cependant que des généralités. Ce document ne remplace pas les informations que vous donne votre chirurgien sur votre propre état de santé. Au cours de la consultation, n’hésitez pas à lui poser toutes les questions pour éviter des inquiétudes inutiles.

Retour en haut de page

Article mis à jour le 21 octobre 2011