L’hallux rigidus ou arthrose du gros orteil

L’Introduction

L’Hallux Rigidus est une arthrose, c’est donc une usure de l’articulation de la base du gros orteil  (première articulation métatarso-phalangienne). Avec la destruction du cartilage, l’os se retrouve à découvert, ce qui entraine des frottements anormaux lors des mouvements. L’articulation va se déformer, mais l’orteil n’est pas obligatoirement dévié vers les autres, il est souvent dans l’axe normal, une excroissance se forme qui est parfois confondue avec « l’oignon » de l’Hallux Valgus. Cette excroissance se développe au -dessus de la base de l’orteil et non sur le côté.

Le diagnostic

Le premier signe d’hallux rigidus est la perte de mobilité de l’orteil surtout en flexion dorsale et donc les douleurs dans les chaussures à talons ou l’impossibilité de se mettre sur la pointe des pieds.
La radiographie montre une diminution et parfois une disparition de l’espace entre la tête du métatarsien et la base de la première phalange du gros orteil.

Les facteurs favorisants

Les facteurs héréditaires et le type des chaussures portées sont des facteurs secondaires dans la genèse de l’hallux rigidus. Contrairement à l’Hallux Valgus les femmes ne sont pas largement majoritaires pour cette affection de l’avant-pied.
Les facteurs principaux sont les microtraumatismes répétés dans la pratique de certains sports (arts martiaux, danse, football).

Le traitement médical

Il peut soulager un certain temps mais n’a qu’un effet limité ; son objectif est de diminuer l’inflammation et d’éviter le blocage mécanique douloureux en flexion dorsale : anti-inflammatoires non stéroïdiens, orthèses plantaires (semelles), orthoplasties (éléments  en élastomère de silicone entre peau et chaussure), choix de semelles rigides, injections intra-articulaires.

Le traitement chirurgical

Il existe deux types d’intervention chirurgicale :

Cette technique non conservatrice est le blocage articulaire définitif. L’articulation inter phalangienne du gros orteil, située entre les 2 phalanges, compense généralement la perte de mobilité. Le chaussage est restreint avec un talon de 4 centimètres maximum.

C’est le traitement le plus efficace dans la suppression des douleurs. Ses modalités techniques sont très variables : chirurgie mini invasive avec fixation par broches et/ou vis ou chirurgie percutanée. Le principe reste le même : fixer et souder l’articulation et donc supprimer les douleurs.

Suites opératoires

Hospitalisation de 2 jours le plus souvent pour la chirurgie radicale ou avec ostéosynthèse (vis).
Sortie de la clinique avec 1 chaussure post opératoire rigide  au minimum pour 21jours, parfois plus en cas d’arthrodèse.

Anticoagulant obligatoire les 10 premiers jours. Le repos strict avec surélévation du membre opéré ainsi que le glaçage de la zone, plusieurs heures par jour est nécessaire les premiers jours suivant l’intervention afin d’améliorer la cicatrisation cutanée et d’éviter l’apparition d’hématome postopératoire.

La première consultation est réalisée au 8ème jour pour contrôle de la cicatrisation.  2ème consultation autour du 21ème jour visant à vérifier l’évolution de la consolidation osseuse sur la radiographie. Ablation de la chaussure post opératoire et chaussage traditionnel avec déroulement du pas en cas de chirurgie conservatrice, retardée si arthrodèse.

L’arrêt de travail habituel est compris entre 1 et 2 mois ½ en fonction du métier.

Les risques

Il faut savoir que, comme toutes chirurgies, la chirurgie du pied peut présenter des complications.
Spécifiquement les phlébites seront prévenues par le traitement anticoagulant surtout en cas de facteurs favorisants (problèmes circulatoires, varices,…).
L’infection est exceptionnelle, de petits problèmes de cicatrisation peuvent s’observer en rapport avec le passage des « fraises ». Heureusement les infections au niveau du pied sont la plupart du temps traitées sans problème. Il faut cependant prendre des précautions toutes particulières si vous êtes diabétique, fumeur ou artéritique.
L’absence de consolidation est rare surtout s’il s’agit d’une technique percutanée, à ne pas confondre avec un retard dans la consolidation. La radio ne montre pas tout de suite la consolidation: il faut d’abord que le cal osseux soit chargé en calcium, pour être visible à la radiographie.

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Article mis à jour le 21 octobre 2011