Pathologie méniscale

Introduction

L‘objectif de ce texte est de vous donner les réponses aux questions que vous vous posez. Il ne représente cependant que des généralités. Ce document ne remplace pas les informations que vous donne votre chirurgien sur votre propre état de santé. Au cours de la consultation, n’hésitez pas à lui poser toutes les questions pour éviter des inquiétudes inutiles.

Les symptômes

Le genou est constitué de la partie basse du fémur, de la partie haute du tibia, et de la rotule. Entre les extrémités du fémur et du tibia se trouvent des amortisseurs en forme de croissant : le ménisque interne et le ménisque externe.
Au cours d’un mouvement ou avec le temps, un de vos ménisques s’est déchiré.
La consultation est souvent liée à des douleurs du genou (gonalgie). La souffrance se situe le plus souvent sur l’interligne entre le fémur et le tibia à la partie interne et/ou externe en fonction du ou des ménisques atteints.
A l’examen clinique, il existe le plus souvent des douleurs:

Le signe le plus typique est le blocage douloureux du genou en flexion de quelques degrés avec l’impossibilité de l’étendre complètement.

Quand les symptômes sont typiques, une intervention chirurgicale sous arthroscopie peut être proposée sans imagerie complémentaire.

En cas de doute sur le diagnostic, il faut faire une exploration du genou par une imagerie : arthroscanner ou IRM du genou.

Le bilan à faire

l’arthroscanner
Cet examen est souvent le plus précis pour mettre en évidence les lésions méniscales même minimes ainsi que les lésions arthrosiques associées. Il nécessite l’injection d’un produit de contraste dans le genou ce qui n’est pas toujours agréable.

l’IRM
Cet examen permet de voir l’ensemble de votre genou : les ménisques, les ligaments et les contusions osseuses éventuelles. L’arthrose est souvent mal vue. Parfois cet examen présente de faux négatifs ou de faux positifs.

Le bilan permet de mettre en évidence :

Le traitement chirurgical sous arthroscopie

L’intervention se pratique dans un bloc opératoire dédié à l’orthopédie conforme à des normes strictes (accréditation V1 et V2)

Anesthésie :
vous dormez complètement sous anesthésie générale. Vous êtes allongé sur le dos avec un garrot à la racine de la cuisse.

La cicatrice :
Vous avez 2 voire 3 orifices d’un ½ cm à la partie antérieure du genou afin d’accéder à toute l’articulation du genou.

L’intervention :
L’opération se fait sans ouvrir le genou grâce à une fibre optique et à des instruments chirurgicaux spéciaux (technique arthroscopique). (Figure 4 : la colonne d’arthroscopie )
Si votre ménisque peut être réparé, ce qui est rare, le chirurgien fixe la partie déchirée dans sa position d’origine grâce à une suture. Dans le cas contraire, il la retire, on parle alors de méniscectomie.
La méniscectomie se veut la plus économique sur le ménisque pour préserver l’articulation d’une arthrose précoce.
L’opération dure habituellement entre 15 et 45 minutes.

Genou normal

Images méniscales retrouvées lors d’une arthroscopie

Autres lésions retrouvées pendant une arthroscopie

Les suites opératoires

Vous rentrez chez vous le soir de l’intervention. Vous pouvez marcher tout de suite. Il est normal que le genou reste sensible pendant 2 à 4 semaines.
Il faut glacer le genou de façon préventive pendant quelques jours pour limiter les risques de douleurs et d’inflammation (15 à 20 min : 3 à 4 fois par jour)
Les points de suture se résorbent spontanément au bout de 10 à 15 jours. Il faut faire des pansements tous les 2 jours jusqu’à cicatrisation complète. Les douches sont autorisées avec précaution pour limiter les risques infectieux.
Le plus souvent, l’injection d’anticoagulant est faite juste avant votre sortie et pendant une durée de 10 jours.
Attendez 1 mois avant de reprendre une activité physique et limiter les sports ou les activités en pivot pendant 2 mois.

En cas de suture du ménisque : les consignes post-opératoires sont plus strictes car l’appui sur le membre inférieur est contre-indiqué pendant 3 à 5 semaines en fonction de l’importance de la suture et de sa stabilité. La pratique du sport est interdite un minimum de 3 mois.

Les risques

Si des microbes envahissent la zone opérée, il faut un traitement médical prolongé et parfois une nouvelle opération. Ce risque est rare.
Un bouchon de sang risque de se former et se coincer dans les veines des jambes entrainant une phlébite. Si le caillot se détache, il peut venir dans les artères pulmonaires (embolie pulmonaire).Heureusement cette complication est rare. Un traitement préventif par un anticoagulant est fréquemment donné (non systématique) pendant 10 à 15 jours : la première injection étant réalisée avant votre sortie le jour de l’intervention.
Le patient peut faire un épanchement inflammatoire ou un hématome susceptible de déclencher des douleurs. Il se résorbe en général en quelques jours en utilisant de la glace.
Des muscles, tendons, ligaments, nerfs ou vaisseaux sanguins peuvent être abîmés mais ces risques sont rares.
Le cartilage risque de s’user (arthrose) plus vite, quand on a enlevé le ménisque. La persistance de douleurs est souvent liée à l’association d’une arthrose à la pathologie méniscale.
Une nouvelle déchirure accidentelle est toujours possible sur le ménisque restant ou sur le ménisque suturé.
Parfois le patient développe une algodystrophie qui peut être source de douleurs qui peuvent durer plusieurs semaines.

Les résultats

Votre médecin vous propose de passer un contrôle 3 à 4 semaines après l’opération.
Le plus souvent le résultat est excellent.
En cas de raideur du genou, votre chirurgien vous proposera surement quelques séances de rééducation.

Parfois le patient souffre de douleurs liées à une arthrose préexistante ou d’une arthrose secondaire. Un traitement de l’arthrose est alors nécessaire pour soulager la gêne résiduelle par un traitement médical chondroprotecteur ou par l’injection d’une viscosuppléméntation.

Il existe un risque de récidive d’une nouvelle lésion sur le ménisque restant déjà opéré ou le ménisque non traité. Ce risque est bien plus important en cas de suture d’un ménisque (prêt de 50%).

Retour en haut de page

Article mis à jour le 21 octobre 2011