La prothèse totale du genou

Introduction

Une maladie de l’articulation du genou a détruit son cartilage (arthrose, rhumatisme inflammatoire…..) son fonctionnement s’en trouve altéré et vous avez des douleurs, une difficulté à marcher, à réaliser les actes de la vie quotidienne, monter et descendre des escaliers, conduire…
La mise en place d’une prothèse de genou va vous permettre de reprendre une vie normale.
Il s’agit d’une intervention qui va remplacer l’articulation qui est détruite. Elle consiste à implanter sur le fémur, un implant métallique (condyle) et sur le tibia un implant métalloplastique (plateau tibial).
Ces deux pièces principales s’articulent entre elles et permettent de faire disparaître les phénomènes douloureux et redonner une mobilité fonctionnelle au genou.
Depuis plus de 30 ans les arthroplasties du genou ont fait des progrès considérables et cette intervention est devenue fiable et reproductible et connaît des succès équivalents à ceux des prothèses de hanche.

Anatomie

L’articulation du genou est composée de 3 pièces osseuses essentielles :

Ces pièces osseuses sont recouvertes d’un épais cartilage articulaire qui permet le glissement harmonieux des surfaces articulaires. On peut individualiser 3 articulations distinctes dans le genou

De puissants ligaments unissent ces pièces osseuses et assurent leur stabilité. Ces ligaments se trouvent à l’intérieur même du genou (ligaments croisés antérieur et postérieur)
et à la périphérie du genou (ligament collatéral médial et collatéral latéral).

La stabilité du genou est également maintenue grâce aux deux ménisques (ménisque médial et ménisque latéral) qui agissent à la fois comme des cales mais aussi comme des coussinets d’absorption des pressions entre le fémur et le tibia.
Enfin des muscles péri-articulaires permettent à la fois stabilisation et mobilisation de l’articulation.

Les différents types de prothèses

Il existe de nombreux types de prothèses de genou, ces dernières années, elles ont bénéficié d’une meilleure connaissance de l’anatomie et de la physiologie du genou.

La prothèse unicompartimentale est destinée à remplacer un des compartiments du genou : soit à la partie interne soit à la partie externe du genou.
Son indication est l’arthrose d’un seul compartiment à condition que :

Les résultats de cette prothèses sont le plus souvent excellents et le patient retrouve très rapidement son autonomie et des mobilités de genou proche de la normale, cependant compte tenu des conditions sus citées, elles ne représentent que 10% des pose de prothèse.

La prothèse totale de genou est composée de quatre parties: l’implant fémoral et l’implant tibial (alliage de métaux), le plateau intermédiaire et l’implant rotulien (polyéthylène)Certaines prothèses sont cimentées ; lors de la pose les implants fémoraux et tibiaux sont « fixés » par une colle prévue à cet effet appelée ciment.
D’autres sont non-cimentées, les implants ,recouverts d’une couche de matière minérale favorisant la formation de cellules osseuses qui adhèreront aux implants prothétiques (hydrox apatite) .
Le plus souvent la prothèse est une prothèse à glissement qui nécessite un état ligamentaire correct (90% des implants) ; plus rarement la prothèse est dite « contrainte » et se substitue aux ligaments lésés. Le choix entre les différentes prothèses se fait en fonction de l’âge, de la mobilité, des antécédents du patient.

L’intervention

L’intervention se déroule au bloc opératoire en salle d’orthopédie dans des conditions rigoureusement aseptiques. Elle peut se faire sous anesthésie générale, ou anesthésie locorégionale.
Comme pour la plupart des interventions en chirurgie orthopédique, une antibiothérapie péri opératoire est instituée selon les recommandations de la SFAR (société française d’anesthésie et réanimation)
L’incision se fait sur la face antérieure en regard de la rotule. Après avoir retiré les parties abîmées par l’arthrose avec des guides et des calculs précis, le chirurgien pose les implants prothétiques d’essai dont la taille a été prévue par les calques en préopératoire. Il peut éventuellement s’aider pour orienter les implants d’un système de Navigation guidé par l’ordinateur.

Suites opératoires

Dès votre retour du bloc opératoire, un traitement antalgique, adapté à votre état médical et à votre éventuelle douleur, est mis en place.
Dans certains cas, vous garderez un cathéter diffusant en continu un anesthésique local, améliorant ainsi l’analgésie postopératoire. Vous garderez une perfusion pendant environ 24 à 48 heures.
Vous bénéficierez d’un traitement anticoagulant (pour prévenir des phlébites) qui sera poursuivi pendant environ 5 semaines après l’intervention.
Vous serez levé par le kinésithérapeute le 1er ou 2ème jour postopératoire. La marche avec appui complet est débutée le lendemain ou surlendemain de l’intervention.
La rééducation du genou commencera dès le 1er jour, le kinésithérapeute mobilisera votre genou manuellement mais aussi avec l’aide d’un appareil appelé kinétec.
Vous pourrez sortir de la clinique à partir du 8ème jour selon votre faculté de récupération.

A la sortie

La rééducation après une prothèse de genou est primordiale, un séjour en centre spécialisé est souhaitable si vous vivez seul, une rééducation à domicile est suffisante dans le cas contraire.

Conseils postopératoires :
Vous pourrez reprendre une activité « douce » comme la marche dès votre sortie de clinique.
Vous pouvez prendre une douche à partir du 15ème jour une fois les agrafes retirées.
Vous pouvez reprendre la conduite automobile dès que vous vous en sentirez capable.
Vous pouvez reprendre les activités sportives après 2 à 4 mois.

Les risques opératoires et les complications

La phlébite: malgré la mise en place systématique d’un traitement anticoagulant, une phlébite peut se constituer. Traitée à temps, la phlébite n’altère en rien les résultats fonctionnels de l’intervention. Elle ne se complique en embolie pulmonaire qu’exceptionnellement.

L’hématome : Le traitement anticoagulant, bien qu’impératif, peut parfois favoriser la formation d’un hématome dans la zone opératoire. Il se résorbe souvent spontanément et nécessite rarement un geste opératoire complémentaire d’évacuation.

L’infection : elle peut subvenir précocement mais aussi à distance de l’intervention, c’est la complication grave qu’il faut prévenir ( bilan avant l’opération, et surveillance impérative après)
Pendant toute votre vie vous devrez être vigilant concernant les infections, vous devez prévenir votre dentiste et votre médecin que vous portez une prothèse, consultez en cas de fièvre ou de signe infectieux.

La paralysie d’un nerf : pendant l’intervention un nerf peut être comprimé ou étiré, la récupération est le plus souvent obtenue mais peut s’avérer longue.

Des douleurs résiduelles : malgré le succès de l’intervention, le patient manifeste parfois des douleurs sans qu’on ne retrouve d’explication.

Le descellement dû à l’usure des implants apparait en général après plus de 10 ans, la prothèse n’a plus un bon ancrage osseux, elle « bouge », devient douloureuse et entraine une destruction osseuse ; il est alors nécessaire de procéder à une révision chirurgicale.
Durée de vie indicative des prothèses de genou : 10 ans 95% ; 15 ans 85 à 90% ; 20 ans 75%…

Retour en haut de page

Article mis à jour le 10 juin 2013