La prothèse totale de hanche

Introduction

Le remplacement prothétique de l’articulation de la hanche est une intervention très ancienne, des momies égyptiennes auraient été retrouvées avec des hanches artificielles en ivoire.

En France, les premières prothèses sont implantées dans les années 50 (prothèses acryliques de JUDET). En fait le véritable développement des arthroplasties de hanche date des années 60 avec les implants bipolaires cimentés utilisés par deux chirurgiens Anglais : MAC KEE FARAR (prothèse métal-métal) et CHARNLEY avec sa prothèse métal polyéthylène cimentée.
Aujourd’hui environ 150000 prothèses sont implantées par an en France.

Anatomie de la hanche.

L’articulation de la hanche unit le bassin (os iliaque) à l’extrémité supérieure du fémur (os de la cuisse).
La partie articulaire du bassin est une cavité hémisphérique qui porte le nom de cotyle. L’extrémité supérieure du fémur présente une tête, grossièrement sphérique, articulée avec le cotyle et reliée au reste du fémur par une zone fragilisée chez les personnes âgée, le col du fémur. Deux tubérosités appelées trochanters servent de fixation pour les tendons et les muscles de la hanche.
Du fait de son excentration par rapport au centre de gravité du corps, l’articulation de la hanche supporte à chaque pas des charges considérables qui vont jusqu’à 4 fois le poids du corps.

Indications du remplacement prothétique

C’est l’’usure du cartilage qui survient chez de nombreuses personnes qui va conduire à la pose de la prothèse; plusieurs causes expliquent cette détérioration du fonctionnement articulaire, les principales sont :

Les symptômes

LA DOULEUR
Elle siège le plus souvent au pli de l’aine, dans la région fessière. Elle descend volontiers le long de la cuisse, et peut n’intéresser que le genou.
Elle survient après un certain temps de marche, dans les escaliers plutôt à la montée et en position assise prolongée mais aussi le matin au lever ou après être resté un moment assis.
La douleur se calme au repos dans l’arthrose, dans les rhumatismes inflammatoires (Polyarthrite Rhumatoïde, Spondylarthrite Ankylosante) elle persiste et peut même augmenter.
LA RAIDEUR ARTICULAIRE
Progressivement l’articulation perd sa souplesse. L’amplitude des mouvements est limitée et certains gestes quotidiens deviennent difficiles (lacer des chaussures ou enfiler bas ou chaussettes, se couper les ongles, se baisser pour ramasser un objet).
LA BOITERIE
Elle est la conséquence de la douleur et de la raideur articulaire mais aussi de l’affaiblissement des muscles fessiers et parfois de l’inégalité de longueur des membres due à l’usure.

La radiographie

La radiographie standard permet le plus souvent de faire un diagnostic, elle va montrer l’usure du cartilage qui se traduit par un pincement (amincissement) de l’espace ou interligne articulaire.
Dans certains cas le scanner ou l’IRM (nécrose) sont utiles.

Le matériel prothétique

La prothèse totale remplace à la fois l’extrémité supérieure du fémur et le cotyle. Des centaines de modèles différents de prothèses totales de hanche ont été conçus et utilisés depuis les années 1960.
Elles existent en de nombreuses tailles ce qui permet de les adapter à la morphologie de chaque individu. Dans quelques cas exceptionnels de malformation congénitale ou d’anatomie particulière, la prothèse peut être réalisée sur mesure, après détermination par scanner des dimensions nécessaires.
La queue est fixée dans le fémur. Elle comporte parfois une collerette qui vient s’appuyer sur la coupe osseuse du fémur.
Le col est conique. La tête sphérique est amovible. Elle se fixe sur le col. Elle existe en plusieurs tailles d’enfoncement sur le col ce qui permet de régler la tension musculaire et la longueur du membre et en plusieurs diamètre.
Les matériaux utilisés sont variables en fonction du choix de la prothèse. (inox, alliages de chrome cobalt, de titane, céramique, polyéthylène…)

Les types de prothèses

Les prothèses céphaliques qui ne remplacent que la tête du fémur sont destinées aux fractures du col du fémur, elles sont de moins en moins utilisées de par le risque d’usure du cotyle osseux en regard de l’implant. La prothèse dite « intermédiaire », est une variante de la prothèse fémorale, la tête fémorale est « coiffée » d’une cupule mobile dans le cotyle.

La prothèse totale classique est l’intervention de référence en chirurgie de la hanche. Elle consiste à remplacer d’une part le cotyle, et d’autre part la tête du fémur et le col, l’implant fémoral se fixe par une tige dans le fémur. L’articulation se fait directement par le contact des deux éléments.

La prothèse totale à double mobilité est une variante de la prothèse totale classique, elle est de plus en plus utilisée surtout en France. Elle consiste à créer une double articulation au niveau du cotyle en interposant une cupule en polyéthylène mobile. Elle est très intéressante par sa stabilité faisant quasiment disparaître les luxations.

La prothèse de resurfaçage ne remplace que les surfaces articulaires et évite le « sacrifice » de la tête et du col fémoral. Elle préserve le capital osseux, elle est réservée aux sujets jeunes. Voici 20 ans une technique similaire (cupule couplées) avait été abandonnée à cause des complications d’usure et de descellement.

La fixation à l’os

PAR CIMENT
C’est l’introduction, dans les années 60, du méthacrylate de méthyle comme ciment qui a permis le développement des prothèses totales de hanche. Le ciment est introduit à l’état pâteux et se solidifie en quelques minutes.
Après 10 à 15 ans, le nombre de défaillances de la fixation, c’est à dire de descellements, augmente assez rapidement surtout au cotyle.

SANS CIMENT
C’est l’os qui va venir au contact de l’implant pour l’intégrer. Cette fixation est obtenue par des états de surface tels que microbilles ou fibres métalliques qui permettent la repousse directe de l’os dans la prothèse.
Aujourd’hui, on a tendance à utiliser un revêtement de surface ostéoconducteur : l’Hydroxyapatite. L’os identifie l’hydroxyapatite comme un de ses constituants et repousse rapidement sur le revêtement et donc sur la prothèse.

(Source : Distrimed)

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Article mis à jour le 16 juillet 2014