17
avr
Catégorie : Actualités | Posté par Patrick Laurent

2012


Boom des prothèses de genoux chez les papy et mamy boomers

L’arthroplastie par prothèse totale (PTG) ou unicompartimentale (PUC) est le traitement chirurgical ultime de la gonarthrose en échec des traitements conservateurs médicaux. Les résultats à moyen et long terme publiés sont bons et la technique chirurgicale  est de mieux en mieux maitrisée par un nombre toujours plus important de chirurgiens. Il n’est donc pas étonnant de prévoir qu’aux États-Unis le nombre d’arthroplastie est amené à augmenter de 673 % d’ici 2030. Le vieillissement des baby-boomers, devenus les papy et mamy boomers, entraîne une augmentation de la prévalence de la gonarthrose, ce qui s’accompagne probablement d’une augmentation des arthroplasties.

Des auteurs finlandais ont voulu analyser l’évolution du nombre d’arthroplasties des genoux entre 1980 et 2006 dans leur pays. Ils se sont aidés du registre finlandais des prothèses, dont l’exhaustivité atteignait 98 % en 2005 et qui couvre la totalité de la population du pays, soit 4,7 millions d’habitants en 1980, et 5,2 millions en 2008.

Ils se sont intéressé exclusivement aux moins de 60 ans, souffrant d’une gonarthrose primitive, en les regroupant par tranches d’âge (30-39 ans, 40-49 ans, 50-59 ans), par sexe, par hôpitaux suivant le nombre d’interventions annuel (<100 interventions par an, 100-400, et >400).

Ainsi, entre 1980 et 2006, 95 577 prothèses ont été posées (1,2 % de PUC, 74,7 % pour gonarthrose primitive, 9,4 % chez des sujets de moins de 60 ans dont environ 65 % de femmes, en moyennes âgés de 53-54 ans).

Les auteurs constatent une augmentation nette du nombre d’arthroplasties entre 1980 et 2006 : nombre de PUC multiplié par 50 (augmentation de 0,2/100 000 habitants à 10/100 000 habitants) ; nombre de PTG multiplié par 130 (de 0,5 à 65/100 000 habitants).

Au total, cette étude met bien en évidence une augmentation considérable des arthroplasties pour gonarthrose primitive chez les 50-59 ans au cours des 25 dernières années. Les auteurs considèrent que cela correspond à une tendance à opérer des sujets plus jeunes. Cette tendance s’explique sans doute par une demande fonctionnelle plus importante que par le passé  au sein de cette classe d’âge, chez des sujets plus informés des possibilités thérapeutiques.

Jarkko Leskinen et coll. : The incidence of knee arthroplasty for primary osteoarthritis grows rapidly among baby boomers. Arthritis and rheumatism. 2012; 64 : 423-428