07
oct
Catégorie : Actualités | Posté par Patrick Laurent

2011


Comment ma prothèse de genou a changé ma vie

La gonarthrose est fréquente. En cas d’échec du traitement médical, l’évolution de la gonarthrose conduit à l’arthroplastie, en constante augmentation au cours de la décennie passée. La pose d’une prothèse totale de genou (PTG) améliore la qualité de vie, la douleur, et la fonction des opérés. Malgré ces bons résultats admis, l’interrogatoire fait apparaître que 28 et 21 % des sujets gardent une limitation de leur marche, respectivement 1 et 5 ans après l’arthroplastie.

Cette étude prospective a analysé cet échec relatif auprès de 53 sujets opérés, suivis pendant 1 an.
L’activité physique a été particulièrement bien étudiée en pré-opératoire, puis à 2, 6, et à 12 mois de la pose de la PTG. Les sujets portaient pendant une semaine un appareillage à la ceinture et sur la cuisse, analysant les cycles de marche, et le temps passé debout, assis, et couché. Parallèlement, les paramètres cliniques et la qualité de vie étaient estimés par le short-form 36 (SF-36), et l’American Knee Scociety Score (KSS). Ce dernier évalue la mobilité, la stabilité, la douleur, le périmètre de marche maximum, la capacité de marche dans les escaliers, et les aides techniques nécessaires.
Ainsi, le KSS passe de 88,9+/-21,4 points en pré-opératoire, à 188,6+/-10,9 points à un an (score maximal 200 correspondant à un état asymptomatique) (p<0,001). Parallèlement, l'activité physique augmente au cours de l'année après la pose de la PTG : le nombre de pas quotidien passe de 4 993 +/-2 170 à 5 932 +/- 2 111 après la chirurgie (p=0,003). Cette augmentation se fait entre le 6ème et le 12ème mois postopératoire mais sans rejoindre les chiffres d’une population indemne de gonarthrose (6 616 pas/j). Le meilleur périmètre de marche est obtenu par les sujets ayant le meilleur périmètre de marche pré-opératoire.. Sans grande surprise, la qualité de vie s'améliore (p=0,001). Par contre, il n’existe pas de corrélation statistique entre le nombre de pas quotidien et les paramètres cliniques du KSS, le périmètre de marche à 12 mois étant plus dépendant de sa valeur pré-opératoire. Au total, cette étude précise l’amélioration de l’activité physique après PTG. Malgré tout, nombre d’opérés ne rejoignent pas le niveau d’activité d’un sujet normal. Il faut remarquer qu’il est habituellement demandé au malade de limiter partiellement ou totalement certaines activités sportives, ce qui peut expliquer l’absence de retour à la normale. Encore une fois, on ne peut que conseiller aux patients souffrant de gonarthrose de garder le plus haut niveau d’activité possible, ce dont semble dépendre une partie du résultat opératoire.

Publication avancée en ligne le 25 juillet.
Brandes M et coll. : Changes in physical activity and health-related quality of life during the first year after total knee arthroplasty. Arthritis Care & Research. 2011; 63 : 328-334